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fariimata
Description du blog :
Ecole St Jean-Baptiste de Fariimata, situé à la Mission (Papeete), est une école privé catholique
Catégorie :
Blog Société
Date de création :
09.09.2006
Dernière mise à jour :
11.12.2007
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Frère Henri

Frère Henri

Posté le 22.09.2006 par fariimata
Le frère Henri (Jean TOUTOUS pour l'état civil) naît le 7 novembre 1902 au moulin "Meil Raden" sur les bords de l'Aulne, près de Châteauneuf-du-Faou. La famille est nombreuse; le jeune Jean va à l'école N-D des Portes, tenue par les Frères. Sur le chemin, il a pour compagnon Yves PICHON qu'il retrouvera à Tahiti sous le nom de Frère Nicandre, pour 50 ans de vie commune.

Aussitôt finie l'école primaire, il est commis-meunier chez son beau-frère, mais l'appel à la vie religieuse se fait sentir et à 18 ans il entre au noviciat. Puis, il doit faire son service militaire : il est artificier au camp de Coëtquidan. Démobilisé, il rejoint Jersey, centre de formation des Frères et résidence des Supérieurs, il y sera boulanger. Mais au fond de son cœur, il veut être missionnaire. Le Frère Supérieur accepte, mais impose une condition : obtenir le Brevet Elémentaire pour pouvoir enseigner. Courageux, obstiné même, il continue à faire du bon pain, mais il consacre son temps libre à l'étude, travaillant à la lueur de son four, si bien qu'en 1932, il est titulaire d'un diplôme d'enseignement.

Le 6 novembre, après 40 jours de traversée, en compagnie du Frère Thomas de Villeneuve, il débarque à Tahiti : " il est très impressionné, le pays et les gens lui plaisent, " lit-on dans les annales. Ce sera son fenua pour 55 ans ! On lui confie les débutants, classe très nombreuse, il a connu des effectifs de plus de 110 élèves.
Comment s'y prenait-il ? En fin d'année scolaire, les petits savaient lire, écrire et compter.

Il se faisait aussi jardinier, cultivant légumes, fruits, initiant les jeunes à planter, greffer … Les " manguiers greffés du Frère Henri avaient leur réputation. Il enseignera aussi l'anglais, étudié à Jersey en cuisant son pain.
Mais c'est parmi les petits qu'il passera le plus clair de son temps, entouré d'une nuée de gamins. A tous il apprend à lire, mais aussi à connaître et à aimer Jésus, Marie, le Père de La Mennais.

En 1967, tout surpris, Frère Henri doit prendre sa retraite d'enseignant, mais il ne saurait arrêter ses activités. Durant 20 ans, il va continuer à annoncer Jésus-Christ. Il devient le catéchiste à plein temps des petits des écoles primaires. Son inusable vieux Solex le conduit à Fariimata, mais aussi à Saint-Paul ; pour Saint-Hilaire, par contre, il s'y fait conduire. Les petits savent lire dans son cœur son grand amour de Dieu : c'est sans doute pour cela que son message passe si bien. Le sourire, le regard de Frère Henri devant les enfants est une lumière pour tous, petits et grands. C'est rendue palpable, la joie intime, profonde d'un homme heureux qui a tout donné : là est la source de son bonheur.

Les grandes images montrant les scènes de l'Evangile ou " matérialisant " les mystères de la religion servent toujours, mais Frère Henri a suivi son temps. Il se déplace avec sa cassette et fait écouter les cantiques qu'il aime. Il utilise aussi le projecteur de diapos pour montrer Lourdes, la Terre Sainte …, mais la modernité ne se laisse pas toujours apprivoiser aussi facilement qu'il le voudrait.

Octobre 1987, Frère Henri, fredonnant les cantiques qu'il va chanter avec ses élèves roule vers Saint-Paul. Près de Sainte-Thérèse, une voiture heurte le Solex, le Frère Henri tombe. Rien de grave semble-t-il, quelques jours à l'hôpital et il retrouve La Mennais. Mais un mal latent et ignoré en a sans doute profité pour accélérer son œuvre. Consultations, analyses, le cancer est là. Décision est prise de tenter une intervention à Paris. Après avoir fêté ses 85 ans, il part le 24 décembre, espérant revenir guéri. Juste avant l'opération, le Frère Henri demandera au personnel sidéré un temps pour prier et il chante en tahitien le Magnificat : A oàoà tau varua …
Josselin (près de Ploërmel) l'accueille pour quelques mois, mais le mal ne le lâchera pas. Il aura tout donné à Tahiti, sa terre d'adoption, même le sacrifice de ne pas y mourir. C'est à Josselin, entouré de ses frères, qu'il s'éteint dans d'admirables sentiments, reflets de toute une vie, le 14 mai 1988.

(D'après une notice du Frère Louis Tanguy dans " Chroniques des Frères " )




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